Rien à dire…
Quoique, en y réfléchissant bien je crois que je suis capable de trouver quelque chose à vous relater en ce 24 Novembre 2006.
Ce journal s'arrête aujourd'hui.
Je sais que c'est dur, mais non, s'il vous plait, ne pleurez pas. Non, je vous en conjure, cessez vos lamentations et vos sanglots, je ne fléchirai pas.
L'annonce est abrupte, je le concède, mais vous savez comme moi que c'est mieux ainsi, des semaines de tergiversation et d'atermoiement n'auraient fait qu'envenimer notre relation.
Mais ce n'est pas de votre faute, je vous l'assure. C'est de moi que ça vient, uniquement de moi.
Je crois que le mieux est que nous nous quittions en adultes, sereinement. Je sais que vous trouverez un autre journal, bien mieux que le mien, plus compréhensif, plus mature, plus à l'écoute et qui, lui, saura vous estimer à votre juste valeur.
Adieu maintenant, je me souviendrai de vous toute ma vie…
Voilà, ça, c'est fait.
Pour les curieux je m'en vais raconter la genèse de ce journal singulier.
Ceux qui sont arrivés ici par hasard et qui n'ont cure de mes histoires, je sens que c'est la majorité, peuvent passer leur chemin et aller s'instruire
là, où ils pourront faire une magnifique balade linguistique. Le Littré est la source de la plupart des mots rares et inusités en titre de ces pages.
Sinon ils peuvent aller se servir un verre de whiskey, mettre un disque de punk-baroque-darkmusette dans le lecteur et lire quelques pages de Robert M. Pirsig, de Kierkegaard ou de Tronçonneuse Mag, par exemple.
Cela vaudra toujours mieux que de s'esquinter les mirettes sur l'ordinateur. Sortez, que diable! Vous n'avez pas de vie?
Trèves de billevesées, voici l'histoire tant attendue par au moins deux lecteurs.
Cela fait pile un an que j'ai ouvert ce journal en ligne afin d'y raconter mes rocambolesques aventures quotidiennes, de dire, de hurler à la terre entière toutes les choses passionnantes qui se passent dans ma vie tumultueuse.
En fait j'étais voilà un an atterré par la mode des blogs, pris d'une sorte de consternation fascinée, ou de fascination consternée, face à ces millions de pages où les gens ne racontent… rien.
Ce rien me fascinait, et me fascine toujours. Je ne dis bien sûr pas que tous les blogs sont vides, nous avons par exemple non loin les superbes journaux de Boutiali, Mame de Keravel ou Pouet Pouet. Mais que la plupart ne présentent rien qui ne soit autre qu'un nombril même pas joli.
Et du coup, ni une ni deux, un petit tour sur Overblog, pris un peu au hasard, mais qui a l'avantage de ne pas imposer de publicité, et c'est fait: moi aussi j'ai mon blog personnel à moi tout seul où je ne raconte rien.
Je sais, c'est un peu pathétique et puéril. Mais je ris de peu.
L'idée était de plus hautement ludique.
Je n'ai dans un premier temps parlé de ce journal nulle part, à aucun ami, collègue ou parentèle, j'étais le seul au courant, et j'allais juste voir régulièrement les statistiques. J'attendais de voir si quelqu'un viendrait "lire" mon épopée.
Les premiers visiteurs sont arrivés au bout de quelques jours, puis ils se multiplièrent.
Et de façon incroyable je constatai chaque jour des visites de plus en plus nombreuses. Puis des commentaires, puis plein de commentaires.
Et la plupart de ces commentaires étaient amusants, subtils, plein d'érudition et d'incongruité, d'humour et de curiosité. Je me suis pris moi aussi au jeu des réponses à ces commentaires et les visiteurs ont suivi.
Du coup ce journal est devenu certains jours un espace dadaïste et non-sens des plus plaisants, une taz surréaliste et loufoque. J'ai beaucoup ri à lire certains échanges d'habitués, je me suis régalé à suivre des liens ou à découvrir des pages saugrenues. Je me suis creusé la tête pour répondre des bêtises à des messages des plus sérieux, et j'ai aimé ça.
Je vous en remercie.
Je vous ai parlé de mon étonnement à lire les statistiques de visite de ce journal.
Pour information, et pour qui ça intéresse, voici quelques chiffres:
Il y a eu à ce jour, en un an, près de 88000 pages vues pour plus de 21000 visiteurs et aux alentours de 850 commentaires. Je n'en reviens toujours pas.
Ce n'est pas grand chose en même temps, mais bien plus que ce à quoi je m'attendais.
A savoir que beaucoup de ces visiteurs sont vraiment arrivés ici par hasard. Et la présence de ces voyageurs est uniquement liée à la rareté des mots mis en titres quotidiens.
En effet, et cela est bien triste, certains de ces mots anciens ou rares ne sont utilisés nulle part sur la toile. Du coup, quand un étudiant ou un curieux tapait ce mot dans son moteur de recherche favori après l'avoir croisé dans un obscur grimoire, le pauvre ne tombait que sur une ou deux entrées et était redirigé vers ce lieu, où il n'apprenait pas grand chose de plus sur cette locution.
Tout ce qu'il avait à se mettre sous la dent était que rien ne s'était passé dans ma journée.
A noter que au tout début je prenais un mot au hasard dans le dictionnaire ou dans un livre à portée. Par la suite j'ai commencé à mettre des "jolis mots", tant par leurs sonorités que leurs significations. Puis j'ai fouillé le Littré afin de ne choisir que des mots rares, voyant que cela faisait parler les visiteurs. Et en plus cela me faisait plaisir de dépoussiérer ces jolis mots.
En tout cas je remercie une fois de plus les commentateurs, j'ai passé une très bonne année grâce à vous. J'aurais aimé être plus présent.
En particulier Messieurs et Dames Jeannot,
Boutiali, Valérie et ses Variations,
Steph, Blonde,
Lyre, Gino,
MadamedeKeravel, Prunus Amygdalus, Le Syndicat des Commentateurs, Sandra, M. Spock, Chti gars, Litanie, Feuille Devigne,
Darjee,
Lylouve,
PouetPouet, Phène et
Christophe Moreau …
Désolé d'avance si j'en oublie parmi les commentateurs réguliers et si je n'ai pas mis tous les liens vers vos propres journaux. Un petit message et j'y remédierai, si vous le désirez.
Je vais laisser ce journal ouvert à tous vents, même si je ne rajouterai plus d'entrées. Vous pourrez continuer à venir y déposer vos messages, en réaction à de vieux anciens mots ou d'anciens commentaires toujours d'actualité.
J'y passerai moi aussi régulièrement et y laisserai certainement certains commentaires, historiettes et souvenirs.
En attendant Songecreux n'en restera pas là, je pense. Je vais essayer de trouver une autre connerie dans le genre.
Et peut-être me retrouverez-vous un beau jour sur la toile, sur une page ou un site qui, normalement, ne devrait avoir aucun intérêt…
Bien à vous,
Bonne route
Songecreux
Ps. Si vraiment ce journal vous manque de trop, recommencez
au début! Le contenu de mes folles pérégrinations ne devrait pas trop vous dépayser…
Je vous présente mes hommages du matin. un matin qui vous plairait nappé de brumes à venir. La plaine est fumante et tremble sous novembre. dans ce plat pays qui est le mien, un peu plus à l'est que celui du grand Jacques, je vous salue bien.
En tant que Blonde de mon état, je n'ai pas toujours suivi ni compris le contenu de certaines interventions. Mais l'essentiel est peut-être de s'imprégner de shumeurs ambiantes. Peut-être aussi que les blondes sont des précurseurs en procrastination. Elles remettent l'utilisation de leur intelligence à plus tard.
Bien à vous,
Cher Songecreux,
Je suis triste. Triste de ne pas savoir qui se cache derrière cette aventure. Triste de voir ce blog, se terminer ainsi...Triste de perdre cette mine d'humour et de savoir. Mais dans le fond, quelle fin spectaculaire, toute à votre honneur. Quelle "sanglade" tout de même! Sachez que ce fût pour moi un grand plaisir de lire vos commentaires et d'y déposer les miens. Je me suis beaucoup diverti sur votre journal et j'ai beaucoup appris. J'étais déjà curieux de nature, vous m'avez confirmé qu'il faut l'être sans retenue. J'espère que vous donnerez de vos nouvelles de temps en temps. En tout cas ma porte vous est grande ouverte et il y aura toujours une bouteille de Coreff au frais pour vous.
Bien à vous
du rire ... aux larmes.... de crocodile.
Cher Songecreux,
Une amande amère est restée coincée, j'ai de la peine à avaler.
Le syndicat n'en revient pas : liciencier les commentateurs de la sorte, c'est inhumain....sniiff
sniiiff est notre Litanie et M.Spock est reparti sur sa planète qui n'existe pas, quant à Feuille Devigne elle s'est décrochée et ce qu'elle cachait n'est pas à montrer, tellement c'est pitoyable. Chti gars est parti se saouler avec du génépi tellement il est mal.
Bref, c'est pire que la mort de Philippe Noiret
Bien à vous
Rectificatif : Tout commença par une nuit où il choisit de prendre un raccourci que jamais il ne trouva... Le premier mot du jour fut lancé le 24 novembre 2005 et non pas le 25, après une tasse de café particulièrement chargée. Le vrai début : http://procrastination.over-blog.org/article-1267682.html
Cher Hôte puisque vous laissez cette demeure ouverte j\\\'y passerai c\\\'est sûr encore après votre départ et j\\\'y laisserai certainement encore des petits papiers comme j\\\'aime le faire en vrai ... Peut-être passerez-vous le nez par la fenêtre pour les lire de temps en temps (en fait je n\\\'en doute pas lol).
Mais il faut que je vous avoue quelque chose vous avez accompagné durant cette année écoulée le tournant le plus important de ma vie (oui rien que ça !) Vous avez accompagné par vos mots journaliers et parfois vos commentaires une très belle histoire de reconstruction de vie (familiale, professionnelle, physique, et amoureuse !)
Et je dois avoué aussi que je ne suis presque plus atteinte de procrastination, mais j\\\'en garde précieusement le mode d\\\'emploi car j\\\'ai découvert que dans la conception du projet elle peut être finalement et paradoxalement très productive !
Votre blog est également un très bon support d\\\'analyse psychanalytique quand on sait l\\\'utiliser (oui je vous jure que c\\\'est vrai ! lol , et ceux qui qui me connaissent savent que je ne ments pas)
MERCI encore un très grand MERCI d\\\'être Songecreux.
Je ne vous dis pas adieu mais seulement aurevoir.
Décidément rien.
Peut-être demain ?
Clindeuillement.
Gino
Détruire. Comme cela retentit : doucement, tendrement, absolument. Un mot infinitif marqué par lInfini sans sujet ; une uvre la destruction qui saccomplit par le mot même : rien que notre connaissance puisse ressaisir, surtout si elle en attend des possibilités daction. Cest comme une clarté au cur ; un secret soudain. Il nous est confié, afin que, se détruisant, il nous détruise pour un avenir à jamais séparé de tout présent.
Il est doux de néantiser le néant... (bis)
de tout Coeur,
Cher monsieur Songecreux ,
Je n'étais pas passée par ici depuis longtemps et je découvre que vous avez mis la clé sous la porte. C'est bien ! C'est bien car il faut savoir renouveler son inspiration et les meilleures idées ont besoin d'air frais.
Je constate, le rose aux joues, que vous parlez de moi dans votre testament.
Il y a une question à laquelle maintenant, n'étant plus tenu au secret professionnel, vous pouvez répondre : êtes- vous Lyre ?
Et une autre pendant que j'y suis : est-ce vous qui avez un jour usurpé mon identité dans un commentaire ? (le 26 juin 2006) (j'avoue que la chose m'a choquée !).
Bon vent pour vos aventures futures et néanmoins ébouriffantes.
.oO Nedeleg laouen ha bloavezh mat Oo.
Sauf qu'après être passé quelquefois ici et découvrir ces posts réjouissants de nihilisme, je suis content de comprendre le pourquoi de tout celà. Je me demandais bien où Songecreux voulais en venir...
Je suis un peu désolée d'arriver si tard, je vous avais tout simplement oublié ?!
J'ai beaucoup aimé votre blog, pour la description tout à fait juste de l'absurde non sens de la vie dans son absolue et donc de tout ce qui s'en suit, les blogs entre autre ...
Merci
Peut-être vou promenez-vous sur les lieux désertés de ce blog. Ou peut-être avez vous banni Nostalgie de votre vocabulaire et ne pensez même pas à retourner en arrière même un court instant.
J'ai tapé "procrastination" blog sur gologolo et je suis retombé très vite ici, preuve que le site n'est pas encore en coma dépassé.
J'aime toujours cet endroit.
Bien à vous.
Gino
J'ai repensé à vous, tout d'un coup (ça a fait boum) quand j'ai lu ça :
http://www.pisteurdesnuages.com/article-35114064-6.html